LES ROTY DE BRETAGNE

 

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Les plus anciennes mentions du patronyme, que nous ayons relevé, concernent Vannes et la région de Lamballe.

De 1369 à 1380, Richard ROSTY est cité seize fois dans les Preuves de Dom MORICE , la première à Saint-Lô en 1369.

Cette famille autour de Landéhen, Quessoy, Plestan, figure à la quatrième génération de la grande famille URVOY.

Olivier URVOY épousa Marguerite ROSTY, qui est mentionnée comme veuve à la réformation des fouages de Landéhen en 1476. Elle pouvait être la fille d'Éon ROSTY (parmi les nobles de la même paroisse en 1444)

Évêché de Vannes. Paroisse de Laustenc. Montre du 21 avril 1477.Revenu de vingt livres : Ollivier ROTY comparu en sa robe. Le Capitaine Bertrand du Parc a dict qu’il se rendra en poinct

Montre du 4 septembre 1481.Revenu de vingt livres : Ollivier ROSTY et sa femme. On dit que ledit Ollivier est de l’ordonnance du duc en la compagnie dudit du Parc.

Le duc c’est François II, duc de Bretagne, qui avait fait le choix de Nantes comme capitale du duché de Bretagne, à partir de 1460. Il y avait déjà eu , en 1365, création d’une Chambre des Comptes à Vannes , la première année du règne de Jean IV.

Rappelons ce que sont ces montres :

Si les gentilshommes avaient le grand privilège de ne pas payer d’impôts, c’est qu’ils étaient astreints au service militaire. Ils devaient au Prince, leur seigneur suzerain, le concours de leurs personnes et de leurs armes.

L’uniforme et l’armement qu’ils devaient présenter, à intervalles réguliers, au cours de ces montres .étaient fonction de leurs revenus.

---La brigandine, haubergeon ou cotte de maille, armure de fer composée de lames jointes et servant de cuirasse.

---Le paletoc, vêtement de gros drap qui se mettait comme la brigandine.

---La sallade, sorte de casque.

---Les gantelets, gants, garde bras, avant-bras, mailles de bras, brassards, gorgettes et harnois de jambes.

---L’épée et la dague, l’arc et la trousse, l’arbalète et les traits, la javeline, la pertuisane, la coutille et les vouges et juzarmes.

Ils devaient montrer que tout cet équipement était en bon état. Au dessus de 140 livres de revenu, ils devaient présenter des équipages d’hommes d’armes.

Le duc envoyait aux montres un commissaire et un capitaine assistés d’un clerc qui portait les rôles et d’un procureur pour verbaliser les délinquants. Ces équipements étaient excessivement onéreux pour les feudataires, qui , parfois, devaient se saigner à blanc pour y parvenir.

Montre du 21 avril 1477. Évêché de Vannes. Paroisse de Sainct-Pierre de Vannes.Revenu de trente livres. Pierre ROSTY excusé à présent pour sa femme qui meurt…et dempuis comparu pour ledit ROSTY, Charles COLIN à un cheval brigandinne, sallade, espée, voulge, dague, gorgerette.

Ce même Pierre ROSTY comparaîtra à la montre du 4 septembre 1481, avec deux chevaux en poinct..

Dans le même temps, dans la région de Lamballe , une famille ROSTY sieur de Boisménard a des références et montres de 1423 à 1535.

Ces familles ROSTY de Vannes et de Lamballe semblent liées et être proches du pouvoir ducal. Un Guillaume ROSTY est chevalier à la cour de Jean de Montfort. Son blason est identique à celui des ROSTY de la région de Lamballe, la différence ne porte que sur les couleurs.

C’est dans le livre " Fastes et Malheurs de la Bretagne Ducale (1213-1532 ) ", qu’il est fait état d’un Pierre ROSTY faisant partie des privilégiés de la Finance ( 1476-1480).

Si un lien semble évident entre ces ROSTY de Vannes et ceux de Plestan et Le Quessoy, quel est le lien avec les ROSTY que nous rencontrons à partir de 1560 dans la région de Bédée-Iffendic ? Rien ne nous a permis encore de le déterminer..Nous y travaillons.

--- Nous vous proposons une visite guidée des différents arbres .

ARBRE BÉDÉE / ROMILLÉ :

Il semble bien que c’est en Bédée que se situe le berceau de la famille ROTY au XVIème s.. Nous verrons par la suite que certains membres de cette famille iront, au gré des mariages, essaimer à Gévezé, La Chapelle-du-Lou, Montauban de Bretagne, Pleumeleuc, Montgermont, La Mézière, Romillé…et finalement Pleugueneuc. ….Nos ancêtres étaient moins sédentaires qu’on ne le pense généralement.

L’année 1585, c'est l'année de naissance de Raoul ROSTY. Cent dix ans, soit quatre générations, nous séparent du Pierre ROSTY, financier à Vannes et des ROSTY de Lamballe.

Qui étaient les parents de Raoul ROSTY ? Nous ne le savons pas encore. Il naît en peine période de la guerre de la Ligue, entre catholiques et protestants. Henri III interdira la religion protestante en juillet 1585.

Raoul ROSTY aura environ quatre ans quand Henri IV arrivera sur le trône de France. Il percevra les échos de la révolte populaire en Bretagne contre la hausse de la fiscalité.

C’est à Bédée que naîtra un autre ancêtre commun à tous les ROTY de Pleugueneuc : Jan ROSTY marié à Suzanne COLOMBEL. Il est le fils du deuxième mariage de Raoul ROSTY. Jan ROSTY ira s’établir à Iffendic (Canlou). Pierre ROTY, un de leurs enfants, par son mariage avec Perrine DEPOUEZ, ira s’installer à Romillé. Ce sont les parents des deux maréchaux-ferrants, Pierre René ET Bertrand, qui viendront s’installer à Pleugueneuc en 1786.

ARBRE D’IFFENDIC (Montauban)

Remarquons qu’il y a beaucoup d’allers et venues entre Iffendic et Bédée. Les registres paroissiaux de cette paroisse commençant vers 1550, nous devrions parvenir à en savoir un peu plus.

ARBRE DE LA-CHAPELLE-DU-LOU / LE LOU-DU-LAC

Une branche qui se raccorde également aux ROTY de Bédée. Tournée vers le droit, elle comprend plusieurs notaires. Plusieurs alliances se feront également avec les GAULTIER, autre famille de notaires. Comme se sera le cas , bien plus tard, ces ROTY semblaient penser qu’en dehors du notariat…point de salut .

ARBRE D’IRODOUËR / MINIAC S/ BÉCHEREL

Cette branche-là est vouée aux faits–divers ! …Jugez-en.

===Guillaume ROTY, fermier, est assassiné dans la cour du château de Quengo (en Irodouër) le 13/08/1794 par les bleus sous les ordres de l’adjudant-général JAULIN. Le procés-verbal suivant en témoigne :

<<Aujourd’hui 27 thermidor deuxième année républicaine une et indivisible, moi soussigné Jan PASDELOU officier public de la commune d’Irodouër, certifie à qu’il appartiendra que sur le réquisitoir verbal de l’agent national de cette dite commune, je suis cedit jour environ les quatre heure de l’après-midi, transporté au lieu-dit Quengo en cette dite commune, accompagné des citoyens Joseph PIDOU et Pierre POULNAYE, officiers municipaux et de Julien COLLET membre du comité de surveillance.

Entrés dans la maison de la métairie du Bas Quengo, y avons trouvé Catherine MAILLARD épouse Guillaume ROSTY à laquelle parlant lui avons demandé si le fait était véritable que ledit Guillaume ROSTY et ses domestiques avoient été tués le jour d’hier. Elle nous a répondu oui, lui avons en outre demandé par qui et comment cela estoit arrivé, a répondu qu’il avoit arrivé environ les trois à quatre heures de l’après-midy un détachement de troupes tant de cavalerie qu’infanterie qui avaient été dans un champ vu ledit ROSTY, Julien POULNAYE, Toussaint GORTAIS et Eustache MORICIAU ses domestiques et autres journaliers étoient à couper du blé, qu’ils les avoient conduits dans la cour de la métairie du Bas Quengo, qu’ensuite ils avoient conduit lesdits Guillaume ROSTY et lesdits GORTAIS, POULNAYE, MORICIAU dans la cour de la principale maison du Quengo et que là ils les avaient mis à mort.. D’après cette réponse nous nous sommes tous de compagnie transportés dans ladite cour du Quengo où nous avons en effet trouvé les dits Guillaume ROSTY, Toussaint GORTAIS, Julien POULNAYE et Eustache MORICIAU morts de mort violente. Et avons remarqué qu’ils avoient leurs différents coups de fuzys, bayonnettes et sabre dans presque toutes les parties de leurs corps et particulièrement à la tête et à l’estomac…>>

L’épouse Catherine MAILLARD se remariera avec Pierre ALIX le 20 brumaire an V .

Un autre fait-divers touche encore cette branche, 75 ans plus tard.

Adolphe ROTY, comme son père, était huissier à Saint-Servan. Devenu veuf il s’était remarié avec Jeanne TURMEL, fille d’agriculteurs aisés de La Fresnais. Il avait une fille de son premier mariage et deux filles du second..

En ce 25 février 1870, Adolphe ROTY quitte Saint-Servan pour remettre une sommation à Joseph Jean MAILLARD. Lisons ce qu’en a écrit M. DURU, commissaire de police à Cancale :

<< Le 26 février [1870] au matin, je fus informé que la veille au soir, M.ROTY, huissier, avait été assassiné à coups de bêche au village de La Pigassière, par le sieur MAILLARD, auquel il venait de remettre une copie d’une sommation. L’assassin avait été amené à Cancale par le garde champêtre LEROUX, qui avait requis deux individus pour l’accompagner.

Je me transportais à La Fresnais, et je vis M. ROTY, gisant, sans connaissance, sur un lit improvisé par les époux PARNET. La tête était enveloppée d’un appareil. J’interrogeais les habitants de la maison. En sortant je remarque une marre de sang d’environ soixante centimètres de circonférence. Je saisis immédiatement la bêche instrument du crime. PARNET me dit : " Machinalement, j’ai essuyé le sang qui s’y trouvait. Malgré cela , il en restait quelques traces , particulièrement au coin qui avait porté sur la tête de M. ROTY. On me présenta le chapeau dont il était couvert. Je remarquais un trou fait par la bêche ; il y avait des gouttes de sang dans l’intérieur et sur les bords. Le chapeau s’était affaissé et avait du amortir un peu la violence du coup. L’accusé MAILLARD a de mauvais antécédents ; cependant, dans le pays, il n’est pas considéré comme un mauvais sujet. Il vivait dans une sorte d’abrutissement, surtout depuis sa séparation, et depuis que son père ne lui avait laissé que la nue-propriété de ses biens. Il demeurait seul, proférant souvent des menaces contre sa femme ou contre l’huissier ROTY.>>

Lisons également le témoignage de Jean-Marie BASLÉ, laboureur à Saint-Servan :

<< Vers 7 heures, je partis pour conduire M. ROTY qui avait différentes courses à faire dans le canton de Cancale. Arrivé à 10 minutes environ du bourg de La Fresnais, il me dit : " Mon petit gars, je vais chez un méchant homme que je crains beaucoup ; il m’assommerait aussi bien dans une auberge que sur la grande route… ".>>

D’abord condamné à mort, l’accusé verra sa peine commuée en travaux forcés à perpétuité. MAILLARD accomplira sa peine au bagne, dans l’île de NOU , en Nouvelle-Calédonie, où il décédera trois ans plus tard.

ARBRE DE GÉVEZÉ :( La Mézière, Pleumeleuc )

L’installation d’un rameau ROTY à Gévezé résulte du déplacement d’un enfant de Raoul ROSTY : Jean ROSTY ° à Bédée le 18/10/1621. Il viendra se marier à Pleumeleuc avec Janne FRAIN le 27/04/1651. Ils s’installeront à Gévezé, ainsi que leurs enfants, dont Noël ROTY et André ROTY, qui seront marchands (nous ne savons pas de quoi !).

Signalons que la première épouse d’André ROTY : Renée BRIDEL, mourra en couche de son troisième enfant le 4/06/1685. C’est de la même façon qu’il perdra sa seconde épouse Julienne MARCOUL, en couche de son onzième enfant, le 11/04/1703. La venue au monde d’un enfant était une aventure risquée, pour la mère comme pour l’enfant !

Le frère d’André, Noël ROTY, sera tué à l’âge de 40 ans , à Grand Chemin, en revenant de Rennes, en octobre 1685.Nous ne savons pas dans quelles circonstances.

ARBRE DE PLEUGUENEUC

Lorsque Pierre René ROTY meurt le 15 janvier 1813 à l’âge de 43 ans, Toussainte REBILLARD, son épouse, a sept enfants encore mineurs. Le 27 janvier 1813, se réunit un conseil de famille pour désigner un subrogé tuteur. Bertrand ROTY, maréchal, demeurant au bourg de Pleugueneuc, frère du père des mineurs, est choisi à l’unanimité.

Lorsque Toussainte REBILLARD meurt le 23 janvier 1824 à l’âge de 52 ans : François a 18 ans ; Julien a 15 ans ; Louis a 13 ans.

Le 29 janvier 1824 se réunit un conseil de famille pour désigner un tuteur et un subrogé tuteur aux enfants mineurs. Pierre ROTY, maréchal-ferrant, demeurant à Pleugueneuc, frère germain des mineurs est choisi à l’unanimité comme tuteur. Joseph PAIN, laboureur, demeurant à la Ville-Hüe, comme mari de Anne REBILLARD, est choisi subrogé tuteur.

A partir de ces trois frères pousseront les trois rameaux qui constitueront la famille ROTY de Pleugueneuc. Des mariages entre cousins de différents rameaux feront que cette famille est " tricotée serré ".

===François né en 1806 à Pleugueneuc, changera de prénom et se fera appeler Jean-Baptiste. Il se mariera avec Marie PLIHON. Il exercera la profession de Maréchal-ferrant.

===Louis Jean né le 3 octobre 1811 à Pleugueneuc. Il se mariera avec Jeanne Françoise HAMON. Lui aussi exercera la profession de Maréchal-ferrant.

===Julien né le 15 novembre 1808 à Pleugueneuc. Il épousera en première noce Rose POINSON. En seconde noce il épousera Laurence Jeanne HOUITTE . D’abord bourrelier, il deviendra, à l’instigation de sa seconde épouse, boucher. Avec lui commencera la lignée des bouchers de la famille. Il sera adjoint à la mairie de Pleugueneuc.